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Paris au XX° siècle, Jules Verne

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Paris au XX° siècle, Jules Verne

Message  Invité le Dim 27 Jan - 23:01

C'est dans un post de Nelson Pickett, notre savant steampunk, que j'ai lu une référence à un ouvrage de Jules Verne, Paris au XX° siècle, que je n'avais pas lu, alors que je fus et demeure un admirateur inconditionnel de cet écrivain hors pair, créateur de thèmes et de personnages toujours très vivants et féconds dans la culture mondiale.
Je me suis donc procuré ce petit livre (on le trouve pour 4€10 dans le Livre de Poche, qui s'est fendu d'une jolie collection pour Jules Verne.)
Spoiler:

C'est une curiosité que cette œuvre de jeunesse, refusée par l'éditeur après le succès de Cinq Semaines en Ballon. Le manuscrit fut perdu (1863) et n'a été publié qu'en 1994.

Le roman est très différent de ceux qui ont rendu Jules Verne célèbre. Rien de cette humeur optimiste avec des héros gagnants, positifs, débrouillards et qui mènent leur aventure à une fin heureuse. Y apparaît un certain romantisme sombre et surtout l'ironie y est presque constante, vitriolant la bassesse humaine et le culte du profit financier.
L'essentiel du livre est consacré à une description, très animée et bien inscrite dans l'histoire du héros, de ce qu'est devenu Paris vers 1960 .
Les anticipations oscillent entre les prémonitions, parfois très justes, des conséquences de la mécanisation et de l'industrialisation sur l'esprit humain et l'organisation de la société. Mais beaucoup de ces prévisions sont totalement erronées, voire loufoques.
Ce qui est le plus étonnant est que Jules Verne apparaît très différent de l'image restée de mes lectures. Son style est très vif, humoristique, persifleur et il n'a pas le ton un peu solennel de celui qui veut toujours rester convenable même pour les lecteurs de douze ans.
Je croyais aussi Verne admirateur du génie humain appliqué aux sciences et aux techniques et optimiste quant à l'avenir qui en découlerait. Or ce livre est inspiré par un refus de ce qui en résulte inévitablement, selon un Jules Verne passéiste et désabusé, à savoir le dédain pour ce qui ne rapporte pas de l'argent et la soumission de l'individu à un progrès purement matériel , ce qui lui fait écrire : " le monde s'enrichit, excepté l'esprit humain" 
Le livre peut fournir des images de villes futuristes et décalées pour les amateurs de RP exploitant ce thème. On pourrait penser que Jules Verne a rencontré le Dévoreur et que Zorvan l'a envoyé en Aparadoxis, dans un Paris infernal, illuminé par "le démon électricité" , rempli de gaz-cabs et de trains suspendus fonctionnant à l'air comprimé. Le poète, héros du roman, n'y survivra pas.
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