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"Black Mirror" de Charlie Brooker : L'anticipation à son meilleur.

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"Black Mirror" de Charlie Brooker : L'anticipation à son meilleur.

Message  Invité le Dim 8 Sep - 0:21



Salut les gens !
J'avais envie de partager avec vous une critique que j'ai rédigée sur une nouvelle série d'anticipation absolument monstrueuse. Je pense que c'est la série qui critique le mieux notre société actuelle. Créée et imaginée par Charlie Brooker, un célèbre journaliste anglais travaillant pour "The Guardian", l'homme est d'ailleurs à l'origine de "Dead Set", série de zombies qui tourne la télé-réalité en satyre, et à l'origine d'une série de documentaires "How TV Ruined your Life", satyre du monde de la télévision et ses effets sur nous et notre mode de vie.

Ci-joint ma critique assez complète et sans spoilers de la série pour vous faire une idée générale de la chose :

Black Mirror est une série critique sur l'influence et le danger des nouvelles technologies, chaque épisode ayant un casting et un scénario différent, mais la problématique reste la même. Jusqu'où va le rapport entre l'homme et la technologie ? La série imagine avec ironie vers quoi pourrait évoluer notre société d'ici quelques décennies, années, ou mois. Chaque épisode développe une intrigue ingénieuse, rythmée, mais surtout très critique. Les deux saisons sont basées sur le même schéma d'épisode, le premier épisode flirtant avec l'absurde et critiquant vivement les médias tout en pointant la dangerosité des réseaux sociaux et de l'opinion publique, le second, plus fantaisiste, situé dans un futur où la frontière entre la télévision et la réalité est presque invisible, dénonçant subtilement les effets néfastes de la publicité et la télévision et l'emprise qu'elles ont sur les gens. Le troisième et dernier épisode concluant chaque saison se situe dans notre présent, et si c'est à chaque fois le plus terre à terre, c'est aussi le plus représentatif du monde dans lequel nous évoluons dans un certain sens. La série, qui n'est parfois pas sans rappeler la science-fiction de Philip K. Dick de part les thématiques abordées, parvient à livrer une critique générale acerbe sur notre société de plus en plus dépendante des technologies, tout en innovant en apportant un vent de fraîcheur dans l'univers des séries télévisées. Chaque épisode de Black Mirror est divisé en quatre parties, chaque partie faisant progresser l'intrigue jusqu'au dénouement bien souvent surprenant, teinté d'ironie et loin d'être une happy-ending. Certaines fins sont très violentes psychologiquement parlant, puisque de part la thématique traitée, on est amené à se projeter et s'identifier aux personnages, et donc subir avec eux.

Si l'on semble tomber dans l'excès, le scénario et la réalisation sont si bien maîtrisés que le pire est justifié, puisqu'il permet également d'être évité. Ainsi, si l'on semble, nous spectateurs, noyés dans une incompréhension créée par l'absurdité malsaine des situations présentées dans The National Anthem (Saison 1 épisode 1 ) ou dans White Bear (Saison 2 épisode 2 ), le déroulement de l'épisode fini toujours par nous faire passer d'une fiction tirée par les cheveux à un effroyable parallèle à notre quotidien. Nous sommes menés en bateau et inévitablement amenés à réfléchir, non pas sur ce que nous venons de voir, puisque le dénouement est à chaque fois très clair, mais à la morale, la leçon à en tirer. Le plus remarquable dans ce cas est Fifteen Millions Merits ( Saison 1 épisode 2), qui, bien que comprenant d'énormes longueurs pour certains, est pour l'instant l'épisode le plus abouti et maîtrisé. Situé dans un futur aux allures de dystopie où les hommes vivent dans des pièces minuscules, avec comme murs des écrans de télévisions gigantesques et où la publicité est omniprésente, cet épisode parvient à être à la fois le plus éloigné dans le temps et pourtant le plus représentatif de la société vers laquelle petit à petit nous évoluons. Banalisation de la pornographie et de l’hyper-sexualisation, gloire des canons de beauté et rejet haineux de tout individu hors-norme, course à la gloire, au profit, au confort. Les thèmes dénoncés et abordés sont nombreux, riches et variés, et l'épisode représente une excellente oeuvre de science-fiction, bien que le rythme soit lent et le déroulement de l'intrigue un peu trop branlant sur la fin. Le dénouement est terrible, car il s'adresse directement à nous. Qu'on le veuille ou non, nous ne pouvons pas échapper au système, ni nous y opposer. Au final, il finira toujours par nous absorber. La chute est brusque et rapide. Elle est percutante et frappe là où ça fait mal. On ne peut malheureusement pas en dire autant de The Entire History of You, (saison 1 épisode 3 ) qui malgré une idée ingénieuse qui imagine un appareil implanté dans notre cou capable d'enregistrer tous nos souvenirs et les revisionner à volonté, ne parvient pas à être pleinement exploité et reste dans un cadre peut-être trop convenu, trop personnel. L'impact de l'épisode est moins percutant puisque la technologie sert l'intrigue de l'épisode au lieu d'être le miroir noir et critique de notre société. Cependant, comme dans The Waldo Moment, (saison 2 épisode 3) la technologie sert cette fois-ci à aborder des thèmes plus humains, plus sentimentaux, et surtout plus personnels, et c'est pour cela que ces épisodes diviseront bien souvent l'avis du public.

Mais Black Mirror est un véritable vent de fraîcheur qui parvient à livrer des intrigues souvent rythmés et originales, traitées de façon inédites et sans démagogie, et sous l'enrobage de scénarios fictionnels, la série nous livre ses mises en gardes et ses leçons parfois avec dureté, mais sans mentir. Black Mirror est une fable contemporaine qui n'est peut-être pas si éloignée de la réalité...

Honnêtement, j'ai été véritablement marqué par le second épisode de la première saison. Ca m'a fortement rappelé le dénouement de 1984... la série est très sombre, voir déprimante par moment, mais elle vaut véritablement le coup d'oeil.
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