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Carmen Ingólson • Il était une fois.

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Carmen Ingólson • Il était une fois.

Message  Invité le Dim 22 Fév - 23:05


You've got me on my knees..



Prénom : Elanór Carmen,
Nom : Ingólson.
Âge : 21 ans.




Epoque et lieu de naissance :En 887 à Reykjavik si on pouvait déjà l'appeler ainsi à l'époque.

Physique, Caractère : Grande, rousse et aux courbes sèches, elle avait tout du colon islandais modèle : la détermination, la vivacité et l'aspiration à une vie simple toujours meilleure. Plutôt bonne travailleuse, elle s'entendait bien avec la plupart des équipes de travail de son père au sein de la ferme, et plus particulièrement avec les garçons chargés de sortir et de soigner les chevaux, refusant catégoriquement de se joindre aux femmes pour la lessive et la cuisine. Fille unique de son père qui l'a toujours chérie comme telle et quatrième d'une petite dizaine d'enfants, elle garde, en outre d'une certaine vanité due à sa beauté relative et à l'amour aveugle de son père, une brusquerie et un goût de la bagarre tout masculin. De son enfance entourée de frères témoignait également un entêtement à la limite du déraisonnable, qui ajouté à une confiance en elle excessive, lui valait autant de succès que de problèmes dont l'un de ses sept frères devait alors la sortir. Plutôt indépendante, elle a pourtant toujours détesté l'aide spontanée de ces derniers mais a toujours été trop intelligente pour la refuser. Le peu de protestations de sa part envers ces secours organisés tenait sans doute aussi à la relation fusionnelle qu'ils entretenaient dans la fratrie. Carmen ne ressentait en effet rien à moitié, passionnée et sensible à l'excès, elle vit et ressent tout à l'extrême, à la limite de la bipolarité.
Plutôt jolie, bien qu'un peu trop sèche et musculeuse pour être réellement pulpeuse, Carmen n'a jamais eu d'homme dans sa vie. Non que les prétendants aient jamais manqué devant la douce jeune fille aux yeux verts et aux taches de rousseur, fille de l'un des colons les plus influents du comté, propriétaire de la ferme de Reykjavic, mais aucun n’avait jamais semblé la satisfaire, et son père, cherchant plus un bon parti que l'amour pour sa fille n'avait jusque là, rien eu à redire sur les rejets répétés de la jeune fille.

Ordre choisi : Ambitieuse.

Métier exercé dans l'époque d'origine : Élevage des chevaux.

Métier ou fonction après son premier voyage : Prêteuse sur gage.




Histoire :

- Les jeunes années -



On était en pleine après midi d'août et il faisait chaud. Dehors, les hommes suaient, luttant contre l'air sec et brûlant pour entasser le foin sur des chariots de fortune. Cela faisait maintenant douze ans que Ingólfur était arrivé en Islande avec les premiers colons, et il soupira à la vue de ces chariots usés qui étaient encore ceux de la première heure. Commencer à exploiter la ferme n'avait pas été facile. Faire le foin pour les bêtes avait au départ été difficile, mais lui et ses hommes avaient maintenant pris le pli et les petits chariots craquaient sous le poids des bottes de foin qui s'y entassaient maintenant.
Comme chaque jour depuis le début de la moisson, Ingólfur se promit de consacrer l'hiver à la fabrication de nouveaux chariots. Il faudrait qu'il arrive à marchander ses bêtes à un prix qui lui permette de racheter du bois de qualité au marché de Kevlavik cet automne.

Un cri sortit les hommes de leur tâche monotone. Certains se retournèrent vers la ferme où l'on pouvait apercevoir les servantes converger vers le bâtiment principal. L'un des hommes grogna à l'adresse du patron et fit mine de le débarrasser du foin sur son dos. Ce dernier accepta avant de se diriger lentement vers la ferme. Pour l'avoir déjà vécu trois fois, Ingólfur n'appréciait guère la douleur et les cris de l'accouchement mais savait sa présence nécessaire à son rôle de mari et de père.
La chaleur et l'air raréfié n'aidant en rien, l'accouchement fut lent et difficile. Plusieurs fois, le visage de la sage-femme frôla de quoi faire perdre à Ingólfur le peu de sang froid qui lui restait. L'interminable attente s'étira dans l'après-midi, puis tard dans la soirée jusqu'à ce que la fraîcheur de le nuit se fasse sentir. Au milieu de la nuit, enfin, l'enfant naquit.
Elle était petite, banale. Ingólfur la tint quelques instants, avant de la céder aux bras plus experts de sa femme. Attendant un nouveau fils l'homme, déconcerté, regardait sa femme les bras ballants.
- Comment allons nous l'appeler ? Dit-il, je sais que nous pensions à Gustav mais..
Il laissa sa phrase en suspens, les paumes levées vers le haut soulignant l'évidence.
- Carmen, murmura sa femme, nous l'appellerons Carmen.
Puis, épuisée, elle s'endormit rapidement, l'enfant au sein. Sans en demander plus, l'homme s'endormit à son tour à ses côtés. La lune était déjà haut dans le ciel et le lendemain serait long s'il voulait finir les récoltes à temps.
Il plut le lendemain. Tout le personnel disponible fut mis à disposition pour mettre tout ce qui avait été récolté la veille au sec, sauvant ce qui pouvait encore l'être. L'après-midi fut consacrée à l'évaluation des pertes. Bien que les résultats ne plussent pas au vieil homme, il du reconnaître que ces dernières étaient minimes et qu'elles n'auraient aucunes conséquences à long terme.
A la fin de l'été, il y avait même un surplus de foin qu'ils purent vendre en plus des chevaux et ils furent en mesure d'en tirer un assez bon prix pour acheter le bois nécessaire à la confection des nouveaux chariots. Ils achetèrent également quelques vêtements d'occasion pour l'enfant et pour eux.

Cet hiver là, la femme d'Ingólfur retomba enceinte. Carmen fût confiée aux nourrices grandi vite au contact des douces servantes et se baladait déjà dans les moindres recoins de la ferme paternelle avant que quiconque ne s'en rende vraiment compte. Elle commença à parler vers ses sept mois et à marcher quelques mois plus tard.
Ingólfur veilla à son éducation, lui apprenant les rudiments du calcul et de l'écriture des comptes de la ferme, qu'elle tiendrait avec son père des années. Elle apprit également le travail de la ferme sous la houlette de ses plus vieux frères et le travail de maison avec les servantes et sa mère.

L'enfance de Carmen se déroula sans heurts. La nourriture ne manquait jamais à table et la vie était douce. Ses parents étaient tendres et ses frères brusques mais aimants.
Peu de peines traversèrent cette époque, sauf peut-être la mort du chien de la maison avec lequel Carmen et ses frères affectionnaient à jouer dans les champs.
Peu de choses se passaient à la colonie si bien que les enfants s'habituèrent à une vie calme et paisible, rêvant secrètement ensemble de grandeur.


- La maturation -

Le mariage était prévu pour le lendemain. Ce serait une belle cérémonie répétait sans cesse son frère, comme pour s'excuser du travail supplémentaire qu'il infligeait à ses cadets. Carmen, frustrée, lui concéda un sourire contrit. Elle n'appréciait que peu la fiancée de son aîné, cette grande pimbêche blonde toujours plus inquiète de ses robes que de son futur mari. Un rapide coup d’œil à ses autres frères lui apprit qu'eux non plus ne la tenaient pas vraiment en haute estime ; tous voyaient en elle une fille de fermier tentant à tout prix d'escalader l'échelle sociale. Leur père partageait une opinion semblable et, après quelques disputes plutôt virulentes avec son fils, menaçait maintenant de ne pas venir au mariage.
Au moins les festivités constitueraient-elles une rupture bienvenue dans la monotonie quotidienne se dit Carmen, sans quoi elle aurait probablement aussitôt abandonné les gerbes de fleurs des prés qu'elle assemblait depuis ce matin. Un peu plus loin, ses frères construisaient une structure en bois qui accueillerait le repas tandis que sa mère et les servantes cuisinaient depuis l'aube dans la cour autour des énormes foyers installés pour l'occasion.
Tard dans la soirée les préparatifs furent enfin finis. Les foyers brûlaient toujours dans la cour, cuisant d'énormes pièces de viande pour le lendemain et Carmen fut désignée pour les surveiller durant la nuit. Elle contempla avec satisfaction l'espace de fête maintenant parfaitement aménagé. Sous le toit en branches construit par ses frères se dressaient une dizaine de tables en bois au milieu desquelles un large espace de terre battue avait été laissé libre pour les danseurs du lendemain. Omniprésents, on pouvait voir les montages floraux roses et ivoire décorer tables, chaises, et branches. On avait également disposé partout bougies et lampions afin de permettre aux festivités de durer aussi longtemps que les invités le désireraient.

A l'aube l'agitation était à son comble. Soudain, chaque détail réglé la veille était sujet à diverses modifications et les robes, cousues des semaines auparavant, n'étaient plus si belles et appropriées qu'elles l'avaient semblé.
Irritée et fatiguée de sa nuit en plein air Carmen se replia dans sa chambre, loin de l'agitation matinale. Étant la seule fille, elle avait la chance depuis ses douze cycles d'avoir une chambre personnelle contrairement à ses sept frères qui devaient s'en partager une seule. La pièce était petite mais chaleureuse. Carmen avait aménagé l'endroit avec nombres tissus colorés et quelques meubles sculptés par son troisième frère qui excellait en menuiserie. Elle se débarbouilla rapidement et attacha ses cheveux en chignon avant d'enfiler sa robe de soie émeraude liserée d'argent. Dans la pièce d'à côté, elle pouvait entendre son frère faire les cents pas, grognant et jurant à intervalles réguliers. Enfin prête, Carmen décida de rejoindre son aîné.
- Qui, qui se permet d'être en retard le jour de son mariage ?! tonna-t-il
Retenant quelques remarques amères de son cru sur la supposée mariée du jour, Carmen afficha un sourire rassurant
- Peut être n'a-t-elle pas encore fini de s'habiller, tu connais Pona, il lui faut toujours des heures pour se préparer et je suppose qu'elle veut être parfaite pour la cérémonie
- Sans doute... lui concéda-t-il, mais je n'arrive pas à me défaire de l'impression que quelque chose va mal
- Les tracas du mariage ne te vont pas mieux à l'instinct qu'au teint, le taquina-t-elle avant de s'éclipser.

Mais Pona ne vint pas. La famille essuya l'humiliation comme elle le put, et plus jamais on n'entendit parler de la jeune femme. Peu après l'évènement, Carmen apprit de quelques conversations surprises au village que la disparition relevait plus d'une tragédie que d'un affront personnel à sa famille.


La vie reprit vite son pli monotone et Carmen finit de grandir sans évènement majeur. Pour tromper l'ennui, elle prit l'habitude de se balader dans le village à la nuit tombée satisfaisant sa curiosité et son besoin d'aventure en surprenant quelques conversations clandestines. Elle se faisait accompagner d'une vieille servante qui avait longtemps été sa nourrice et allait avec le nom d'emprunt d'Elanór. Souvent, elle entendait parler de disparitions semblables à celle de Pona. Du jour au lendemain, ils disparaissaient sans laisser de trace. Pas de sang ni de signes de luttes, et pas même un sac ou quelques vêtements emportés pour un voyage impromptu. Parfois, certains juraient avoir aperçu à la dérobée l'un de ces disparus au coin d'une rue, mais peu les croyaient.
De ces disparitions naquirent mythes et légendes mettant en scènes trolls et elfes, tantôt sombres et vicieux, tantôt doux et bienveillants. Pour Carmen, le mystère de ces disparitions devint bientôt une obsession tant et si bien qu'elle finit par passer des nuits entières à errer dans la taverne et ruelles sombres du village à la recherche de la moindre bribe d'information.


- Rupture -


Quand enfin la dernière bougie s’éteignit derrière la fenêtre de ses parents, Carmen soupira d'aise. D'un mouvement fluide, elle enfila une cape rapiécée, cacha ses cheveux flamboyants sous une capuche trop grande et enjamba sa fenêtre d'un bond. Elle atterrit souplement sur la terre battue d'un geste qui tire son aisance de l'habitude et se déplaça rapidement à l'ombre des bosquets de l'autre côté de la cour intérieure. Granny, sa vieille nourrice, l'y attendait déjà.
- Ces virées nocturnes commencent à me fatiguer Carmen, et personne n'a évoqué de nouvelles disparitions depuis plus de deux lunes maintenant..
- Je sais, dit elle, mais nous avons déjà eu des périodes similaires, nous découvrirons rapidement de nouveaux indices j'en suis sûre !
- Jamais aussi longues répliqua la vieille femme, et mes os se font vieux. Quant à toi jeune fille, tu as maintenant vingt-et-un cycles et il serait temps de te consacrer à des passes-temps moins futiles, un bon mari et un foyer à gérer, voilà ce qu'il te faudrait plutôt que de cavaler toute la nuit à la recherche de fantômes enfantins !
Carmen soupira, contrite. Sa Granny avait raison, elle le savait, mais elle n'avait pas quitté la monotonie de la maison par ces escapades pour s'enfermer dans la routine d'un nouveau foyer. D'autre part, cela faisait maintenant presque six révolutions qu'elle arpentait Reykjavik à la recherche de réponses, et elle n'était pas plus avancée que lorsqu'elle avait commencé à investiguer sur le problème.
- Si nous n'entendons rien d'intéressant d'ici une septaine, je trouverai un mari Granny, mais s'il te plaît, laisse-moi chercher encore un peu, je sais que je suis capable d'aller au fond de cette histoire !
- Tu tenais déjà le même discours il y a sept jours, et la vieille femme esquissa un sourire amusé quoique fatigué, mais d'accord, encore une septaine si nous ne rentrons pas trop tard ce soir, mes articulations me font un mal de chien !
- Merci Granny !

Comme prévu, le début de soirée fut long et dépourvu d'intérêt. Carmen et sa nourrice avaient trouvé place dans le coin d'un pub populaire au centre du village. Beaucoup de voyageurs s'y arrêtaient, ce qui en faisait un endroit stratégique pour s'informer des dernières nouvelles traversant le pays. Ce soir, l'essentiel des conversations concernait les célébrations de la fin de la saison froide qui arrivaient à grands pas.
Aux alentours de minuit, Carmen était prête à rentrer tenant la promesse qu'elle avait faite à sa vieille nourrice de ne pas rentrer trop tard ce soir, mais elle repéra une silhouette familière au fond du pub. D'un geste autoritaire, elle intima à sa Granny de rester assise alors qu'elle se levait pour se diriger vers les latrines, passant commodément à côté de la jeune femme qui l'intéressait. Discrètement, elle jeta un coup d’œil sous la capuche grise et crasseuse et failli tomber tant la surprise fût grande. Essayant tant bien que mal de garder une mine neutre et décontractée Carmen changeât de direction pour s'installer le plus naturellement du monde en face de Pona. Elle était moins fière que dans ses souvenirs, plus ridée. Son visage témoignait de plus de vécu décida la jeune femme, et ses vêtements étaient, à y regarder de plus près, de couleurs trop vives et d'une matière trop uniforme.
- Carmen, tu as grandi, constata-t-elle.
- Que fais-tu là ? Répondit la jeune fille coupant court aux politesses, mon frère sait-il que tu es là ?!
- Non, je viens de rentrer. Je ne pense pas qu'il veuille me voir, de toute façon.
- Il a fait son deuil, confirma sèchement Carmen, il s'est marié avec la fille Arthùrson.
- Bien..
Le silence retomba, gênant. Du coin de l’œil Carmen pouvait voir le regard interrogateur de la nourrice qui lui demanda d'un geste preste si elle devait se joindre à la conversation. Carmen refusa, et du doigt indiqua les hauteurs de la ville sur lesquelles se trouvait la ferme. La veille acquiesca et se leva.
- Où étais-tu ? Reprit-elle.
- Très loin, mais si près en même temps, répondit Pona, évasive.
Carmen ouvrit la bouche, un million de questions au bord des lèvres mais la femme l'arrêta ;
- T'ennuies-tu, Carmen ? Ta vie te semble-t-elle si vide, que je te voie ici tous les soirs depuis une septaine ?
- Que veux-tu dire ?! Où étais-tu, pourquoi as-tu laissé mon frère dévasté devant toute la famille ?! Fais-tu partie des disparus ou pas ?! Dis moi !!!! S'emporta la jeune femme.
Pona esquissa un sourire mi-amusé, mi-narquois, les yeux pétillants de plus de malice que Carmen ne lui en aurait jamais accordé.
- Je connais quelqu'un, pas très loin d'ici. Il n'est pas toujours très commode mais il répond toujours à l'appel désespéré de quelqu'un perdu dans sa routine.
- Q.. Quoi ?
- Si tu veux des réponses à tes questions, abandonne ta cape rapiécée et ta vieille nourrice. Rejoins moi dans la ruelle attenante à la rue principale à l'aube. Tu n'as pas besoin de grand chose là où tu va, quelques robes suffiront.
Laissant Carmen à sa consternation, la jeune femme s'en alla, claquant la porte sans cérémonie.


Possessions : Ses vêtements de voyage et une maigre bourse.

Permissions :


  • lègère : "j'accepte qu'on fasse supposer au personnage qui fait face à mon personnage la raison de mes réactions, mes pensées, mes réactions futures mais cela doit rester extrapolation du personnage de l'autre joueur et ne pas mettre en scène véritablement mon personnage." ( Vous êtes conscient que ce choix induit des messages plus courts dans le cas d'un rp où l'action et l'interaction prévalent ou alors que le rp risque de durer très longtemps, c'est à négocier avec votre partenaire)




Autorisez-vous les autres joueurs à influer sur le jeu de votre personnage via la zone RP Blue Hospel, c'est à dire à vous atteindre par le monde des rêves ? Oui, mais moyennant mon accord préalable.

Disponibilités in RP (cadence de jeu): Une à deux fois par mois. Peu être plus, j'en sais trop rien en fait mais je préfère ne pas trop m'avancer de base parce j'ai quand même pas mal de choses à faire ^^

Espace personnel :

Décharge responsabilité :

"Moi, joueur du compte personnage Elanór Carmen Ingólson, déclare avoir pris connaissance que ce forum comporte une sous section interdite et cachée aux - 18 ans. Je prendrai soin de protéger la sensibilité des plus jeunes en usant des espaces consacrés si mes récits contiennent des propos violents, choquants ou à caractères érotiques. Toute infraction délibérée sera sanctionnée par la suppression de mon compte. Je prends connaissance de ces conditions en m'inscrivant et les accepte. L'administration du forum ne saurait en être tenue pour responsable."

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Re: Carmen Ingólson • Il était une fois.

Message  Le Dévoreur de temps le Jeu 26 Fév - 19:32



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Alors qu'il veillait mentalement à maintenir le vortex temporel qui permettait à Thorvald et son armée de franchir les couloirs du temps, Le Grand Voyageur crut percevoir un appel venant d'un espace temps proche de l'origine du Roi de Drogmünd. Une distorsion de quelques centaines de kilomètres et de quelques quarante années n'était rien quand on avait contemplé les Pyramides et arpenté le pont du cuirassé Potemkine dans la même journée. Aussi, le Dévoreur pensa que les voix de femmes qu'il entendait provenaient d'une sorte de parasitage résiduel des derniers échanges sociaux du roi nordique. Sans doute, ayant franchi le [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] après bien des épreuves, les Varègues avaient-ils eu envie de se réchauffer en chemin auprès de quelques demoiselles accortes et était-ce là leur voix insistante qui lui parvenait à travers le couloir chatoyant. Stanzas peinait à maintenir la stabilité de l'ouverture qui devaient permettre à une troupe de plus de mille hommes de faire un bond de quelques onze siècles en valeur brute et un peu moins si on prenait comme référence d'arrivée le Monastère à Targoviste. Il ne prêta donc pas plus attention que cela aux voix féminines qu'il entendait, d'autant plus qu'elles s'exprimaient dans une langue du nord.

Il n'y fit pas davantage attention et ce d'autant plus que quelque chose de tragique était en train de prendre pied dans l'entonnoir temporel. L'infamie incarnée des Enfers talonnait de près les guerriers boréals et si Stanzas ne se trouvait pas lui-même dans ce tunnel, il y avait projeté toute sa volonté et vit très nettement son ami Alceste attendant de pied ferme la tête de la cavalerie varègue sur l'appontement, la colonne de chevaux montés par les troupes de Drogmünd et la cohorte morbide qui les suivait. Il ne pouvait pas, ne devait pas laisser entrer une telle malédiction dans le sanctuaire de Targoviste, aussi, à regret et avec beaucoup d'inquiétude, referma-t-il la porte du temps sans couper le lien avec le vortex. Ses yeux qui, sous l'effet du Voyage, était encore deux fentes de lumière blanche quelques secondes auparavant, retrouvèrent leur couleur d'orage. Enfermé dans le laboratoire adjacent à son bureau, il avait terriblement conscience d'avoir peut-être livré ses amis à une mort atroce. Mais laisser les spectres envahir ce lieu équivalait à leur donner un accès à tous les couloirs temporels. Les voyages déjà peu sûrs, deviendraient encore plus dangereux, imposant aux arpenteurs le risque d'une mauvaise rencontre avec cette engeance. Chaque voyage comporterait alors le risque d'embarquer un passager clandestin et il y avait déjà bien assez de fantômes qui erraient dans les méandres du temps au gout de Stanzas.

En revanche, s'il ne pouvait laisser ouvert le portail, il pouvait aller voir par le portillon ce qu'il advenait de ses courageux compagnons d'aventure. Soucieux de ce qu'il risquait d'y trouver une cavalcade infernale, il décida de seller Indigo, son lusitanien favori. Tout était paisible au pied des tours séculaires, ne laissant en rien présager de l’affolement qu'un grimpeur inopinée provoquerait quelques heures plus tard. Sitôt sorti des écuries de l'Abbaye, Stanzas dont le regard d'acier pulsait à présent une étrange lumière bleutée talonna sa monture et s'efforça de visualiser une boutonnière temporelle dans la verdure du bois vers lequel il galopait avec frénésie. Une auréole bleutée se dessina sous un grand saule et il y fit sauter sa monture. La porte se referma aussitôt derrière le duo.

Alors qu'il était en suspension, les voix murmurant à présent comme pour sa seule oreille appelèrent distinctement son nom et il reconnut l'une d'entre elles. C'était Pona, cette jeune Islandaise de la Reykjavik médiévale qui l'avait contacté quelques mois auparavant, pour échapper à une condition qui finalement lui paraissait sans doute trop étouffante: celle du mariage. Si elle l'appelait, c'était peut-être qu'elle était en danger. Partagé par les deux devoirs qui se présentaient à lui, il ne put cependant se résoudre à sacrifier une vie pour en sauver des millions, des milliards. Ce calcul en unités de vie lui avait toujours paru douteux. Il pria ce qu'on voulait pour que Thorvald tienne bon le temps qu'il trouve une solution et ne put s'empêcher de penser que c'était quand même beaucoup exiger d'un jeune homme de vingt quatre ans, même si à cette époque les garçons étaient des hommes à quinze ans et des vieux à quarante. Puis il se dit que c'était sans doute ce qu'aurait lui-même tenté le Roi de Drogmûnd. Sauver la fille ET sauver le monde. Et enfin, pour finir, il se souvint que, de son propre aveu, Thorvald n'était pas un simple humain: le sang d'un Dieu coulait dans ses veines. Pour une fois, le Professeur accepta de faire un arrangement avec les Dieux: si son ami s'en sortait, il irait faire une offrande à Odin et à son fils et peut-être même vider quelques cornes d'hydromel en compagnie des Varègues.

Stanzas visualisa donc la ruelle dans laquelle il avait prit contact avec Pona la première fois et y projeta son cheval, ce qui lui demanda un effort prodigieux et lui occasionna une douleur assez terrible dans tout le corps, lequel se couvrit instantanément d'une luminescence bleutée. C'était la première fois qu'il transportait dans un voyage individuel un animal de cette taille et il dût bien admettre que c'était une expérience à ne pas reproduire sauf en cas d’extrême urgence. Pour le coup, ce soir, il en avait deux sur le feu. Indigo et son cavalier se rematérialisèrent dans la Reykjavik de 908, éclairant la ruelle de turgescences électriques et bleutées. Au fond de celle-ci, il crut distinguer deux silhouettes féminines.

- Pona, sortez de cette brume... Est-ce bien vous ? Qui vous accompagne ?

Il prit alors subitement conscience qu'il pouvait fort bien s'agir d'un piège...

Petit message:
N'hésite pas à me contacter si quelque chose te questionne ! Bonne lecture, Carmen !

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