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{Achevé}Dans la peau du Dévoreur

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{Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Mar 21 Mai - 10:37

Le Dévoreur de Temps est un homme très occupé. Quand un nouveau voyageur fait appel à lui, il a tout juste le temps de le déposer chez Zorvan. Il n'a jamais l'occasion de s'arrêter longuement chez l'homme venu d'un autre temps et d'un autre lieu. Jusqu'à maintenant, Zorvan n'a rien dit. Il se contente de prendre les nouvelles recrues du Dévoreur et de glisser de temps à autre une petite pique à l'attention du premier voyageur.
Le Gardien de l'Antichambre se sent seul, malgré les allées et venues des voyageurs en herbe. Il ne serait pas contre un bref instant avec celui qu'il connaît depuis un moment maintenant. À savoir le Dévoreur de Temps. Zorvan ne demande pas grand chose, juste un bonjour un peu plus long que les habituelles brèves salutations de l'autre côté de la porte membraneuse. Cela lui changerait tellement de sa routine. En plus, Zorvan promet de ne rien tenter contre le Dévoreur, d'être sage autour d'un café et de ne pas chercher, le temps de cette pause, à l'enfermer à sa place dans l'Antichambre. Mais le Dévoreur continue de passer furtivement, refusant toutes les invitations du gardien.

Seulement, Zorvan finit par en avoir assez. Il décide donc de jouer un mauvais tour au Dévoreur de Temps. Un jour, alors que le Dévoreur apportait à Zorvan une nouvelle recrue pour passer le test, le Gardien attrapa la recue, qu'il jeta dans l'antichambre sans ménagement, il brandit ses longs doigts vers le Dévoreur et s'exclama :

- Puisque tu m'imposes tes voyageurs, leurs rêves dans Blue Hospel, leurs souvenirs dans le Champ des Oublis et leurs aventures farfelues dans Aparadoxis, puisque tu refuses ma trêve et mon thé, je fais de toi leur marionnette ! Pendant toute une journée, tes voyageurs... tous... pourront prendre pendant deux heures le contrôle de ton existence ! Tu ne verras pas leurs rêves, leurs souvenirs et leurs aventures étranges. Non. Tu les vivras à leur place ! ILS te les feront vivre en s'incrustant dans ton esprit et en prenant possession de ton corps !

Et dans un rire endiablé, Zorvan referme la porte de l'antichambre pour tester le futur voyageur fraîchement arrivé, laissant repartir un Dévoreur de Temps sous le contrôle de ses voyageurs.

Peu inquiet, le Dévoreur retourne à ses occupations.
Il est 8h du matin. Le Dévoreur prend son petit déjeuner. Sur le coude, évidemment ! Pas un bruit autour de lui, mais pourtant, soudainement, il entend une petite voix familière, qui s'élevait en lui, comme une conscience :

- Bonjour cher Dévoreur...

Voilà qu'il ne peut plus boire son café, son bras ne répond plus.
Spoiler:

Voilà notre petite histoire hommage au Dévoreur ! Je l'ai posté ici car après tout, nous allons écrire une histoire et aussi parce que le Dévoreur dit pour cette section :
Ce temps vous appartient et vous en êtes le seul maître. Si vous souhaitez le partager avec nous ou simplement vous défouler, la plume vous est donnée.
Ce sera une histoire écrite à plusieurs mains. Ce ne sera pas vraiment du RP comme on peut le jouer ailleurs sur AV.
De plus, il est possible que chacun donne son avis. Le Dévoreur pourra donner le sien ^^

Hadley, je sens qu'on va vraiment s'amuser ! Tu crois que le Dévoreur danse la polka ? XD

Pas d'ordre de jeu afin que l'histoire soit en continue et terminée avant le retour du chef !
Merci Alceste de nous laisser exercer notre plume.

En espérant que le lieu n'est pas inadéquat,

Bonne inspiration à tous !
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Mar 21 Mai - 14:11

8h-10h

- Bonjour cher Dévoreur...

Anita se matérialisa dans l'esprit du Dévoreur de Temps. Elle déambulait sans prêter attention à ce qui s'y trouvait. Lors de sa rencontre avec le grand voyageur, elle ne s'était pas intéressée à sa personne. Accéder à son esprit n'allait rien changer à sa volonté de ne pas en apprendre plus sur lui. Elle l'avait convoqué pour retrouver son fils, pas pour faire copain copain avec un individu au nom des plus étranges.

- Décidément, nous nous retrouvons toujours autour d'un café, s'amusa Anita en s'installant confortablement sur un petit nuage qui devait probablement être un souvenir. Elle était bien sur ce petit nuage flottant. Elle était... tout simplement sur un petit nuage.

D'un léger mouvement de main, Anita balaya l'air devant elle. Aussitôt, la main du Dévoreur en fit autant.

- Je suis vraiment peinée que vous ayez refusé mon café lors de notre rencontre. Hmm... je dirais plutôt vexée. Je vous l'avais offert pour être agréable. Nous aurions pu discuter autour d'une table vide mais vous avez repoussé ma cordiale invitation. J'ignore ce que je fais ici, dans votre esprit. Peut-être suis-je en train de rêver. Quoi qu'il en soit, nous pourrions enfin le prendre, ce café. N'est-ce pas ? Vous boirez le mien pour moi.

Anita fit virevolter une main comme un chef d'orchestre et dirigea les mouvements du Dévoreur, qui se leva de sa table, prit une seconde tasse et servit un café. Il se rassit face aux deux tasses et les but l'une après l'autre. Satisfaite, Anita se releva du petit nuage-souvenir et s'approcha de ce qui ressemblait à deux fenêtres donnant sur la table de la cuisine. En réalité, les deux petits fenêtres étaient les yeux du Dévoreur. Elle voyait ce qu'il voyait. Un téléphone posé sur un guéridon attira son attention. Elle le décrocha et écouta dans le combiner. Maintenant, elle entendait ce que le Dévoreur entendait.

- Monsieur le Dévoreur, après un bon café, ou plutôt deux pour notre cas ce matin, vous savez ce qui fait le plus grand bien ? Un bon bain chaud. Aller hop hop hop ! Allez vous faire couler un bain !

Contre sa volonté, le Dévoreur fut conduit dans sa salle de bain et il s'y fit couler un bain.

- Bon bain !

Au moment d'y plonger, Anita disparut de son esprit. Malheureusement pour le Dévoreur, l'ordre avait été donné et il lui fut impossible de fuir ce bain. Anita avait droit à deux heures de contrôle. Malgré son absence soudaine dans l'esprit du premier voyageur, les deux heures furent effectives et pendant près de deux heures, le Dévoreur fut contraint à un bain chaud, plein de mousse et en compagnie d'un canard cyclope en plastique vert, habillé d'un costume noir. Pourquoi un canard vert en costume avec un seul oeil ?
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Mar 21 Mai - 19:32

Spoiler:
Excellent !

Oh avec tous ses voyages, je pense que la polka, il doit maîtriser, non ?

Bon jeu à tous !

10H-12H

Je commençais à m'habituer à ces voyages d'une autre époque mais quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver à observer...le grand échalas aux cheveux blancs pour lequel j'avais fini par me prendre sinon d'affection au moins de respect. Beaucoup plus ennuyeux pour moi, quoi qu'il ait pu en penser lors de notre première rencontre, il était nu dans son bain et ça ne put que me mettre le rose aux joues.

- N'ayez crainte, je ne suis que derrière la porte, Dévoreur ! Jamais je n'attenterais à votre pudeur, vous le savez à présent...

J'avais plutôt prêté attention à ce canard boiteux qui lui faisait office de jouet. Que n'eus-je connu l'utilité des piles... Je rejetai cette idée qui sortait, je ne savais d'où, d'un grand geste de la main, geste qu'il produisit également grâce au pouvoir confié par Zorvan et qui répandit une quantité impressionnante d'eau sur le sol et...sur ses cheveux d'habitude toujours si bien mis !!
Je glissai un oeil et retint un rire, un étouffement...

- Oh pardon, j'avoue que vous avez une mine...

Je ne finis pas ma phrase, nos vies à Baptiste et moi dépendaient de son bon vouloir aussi, devais-je minimiser mes moqueries. Je me râclais simplement la gorge.

- Mais je vous en prie, sortez de ce bain, séchez-vous, habillez-vous, vous allez être tout plissé !

Tandis que je le laissais devenir présentable, je lui suggérai de se préparer un repas digne de ce nom devant lequel il s'attabla. Je l'entretins alors d'une mission que je voulais lui confier. Je lui proposai et il ne pouvait qu'acquiescer, de nous promener au milieu du XIXème siècle afin d'y rencontrer une troupe de danseurs... Qu'il était intéressant de mener la...danse pour une fois !


Divers couples se trémoussaient et j'invitai le Dévoreur à lever les pattes en rythme et à soulever son ample manteau qui ne le quittait jamais ! Comme si ça avait été son premier métier, il s'exécuta avec une dextérité qui me laissa sans voix. Une carrière avait été loupée... Mais midi sonnait !
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Mer 22 Mai - 10:46

12h-14h


- Quel spectacle ! s'exclama Christiana en surgissant dans l'esprit du Dévoreur, alors que Hadley venait tout juste de le quitter. J'ai toujours trouvé quelque chose à redire contre Zorvan, comme son dernier petit coup en nous envoyant, Démétrios et moi, au temps des Mammouth. Franchement... moi... à vagabonder avec des êtres primitifs ! Quoi qu'ils me prennent pour une personne à craindre. Alors je peux en faire ce que je veux. Mais je ne suis pas là pour vous parler de mon petit voyage. Je disais que, si j'avais toujours quelque chose à redire contre Zorvan, pour une fois je le remercie ! Je sens qu'il me sera très profitable de passer quelques instants ici, dans votre esprit. Il parait que vous avez refusé son invitation ? Je vous comprends... je me méfierai aussi de ce spécimen étrange. Seulement, votre refus m'est favorable ! Que diriez-vous d'aller faire un petit tour auprès des smilodons ? En fait, je ne vous demande pas votre avis. Aller ! On y va immédiatement !

Ordre donné, ordre exécuté ! Le Dévoreur avait usé de son regard pulsant et il se retrouva pile dans le campement fréquenté par Démétrios et Christiana, lors de leur dernière épreuve et premier voyage. Un passage qui avait été des plus mouvementé. Il restait encore au sol des stigmates de leur passage. Du sang. Celui des bêtes leur ayant servis de repas primitif.

- Je vous laisse vagabonder ici quelques instants. Profitez donc e l'air marin. A défaut de faire voltiger une voilette, il vous fera claquer les pans de votre manteau.

Pendant que le Dévoreur exécutait cet ordre, Christiana s'accorda une petite heure pour chercher un endroit bien dans l'esprit du Dévoreur : le meuble où il rangeait ses souvenirs. Elle chercha longtemps mais ne trouva rien. A part le guéridon avec le téléphone, et le nuage qui n'était en fait pas un souvenir flottant mais un canapé original, il n'y avait rien d'autre. Ce n'était pas maintenant qu'elle allait avoir réponse à sa principale question : qui avait donné l'étui à cigarettes de Kyle au Dévoreur ? Cette personne lui avait envoyé le Dévoreur. Elle voulait savoir. La réponse plus tard ! Malheureusement.

Une heure après avoir donné son ordre au Dévoreur, Christiana parla de nouveau, redonnant signe de vie dans l'esprit du Dévoreur.

- La promenade fut agréable ? Allons ailleurs maintenant. Au pont. Vous savez duquel je parle...

Le Dévoreur fut transporté contre sa volonté sur le pont où il avait rencontré Christiana. L'époque ne semblait pas être la même. Le paysage était celui de 2013. Il y faisait nuit et il pleuvait. Même lieu, même cadre mais époque différente.

- Vous vous souvenez de cette nuit ? Je dois vous avouer quelque chose. Cette nuit-là, j'aurais été incapable d'appuyer sur la détente et de vous tirer dessus. J'aurais été capable de rien. Même de sauter. Tout ce que je voulais, c'était en finir mais sans savoir avec quoi. Vous êtes apparu. Et vous m'avez permis de savoir avec quoi je voulais en finir. Merci.

Christiana ordonna au Dévoreur de rentrer chez lui pour se sécher, comme lui le lui avait autorisé lors de leur rencontre.

- Profitez bien de ce merci, c'est le premier et ce sera certainement le dernier, dit-elle sur son ton naturellement sec.

Puis Christiana disparut.
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Jeu 23 Mai - 18:42

14H-16H

Succédant à Christiana, ma comparse d'époque, je repris possession des pensées du Dévoreur et me retrouvai à nouveau chez lui. Il était une fois de plus en train de se sécher... Cette fois j'éclatai d'un rire franc !

- C'est à se demander si tous vos voyageurs ne vous prennent pas pour une personne sale, mon cher Stanzas !

Je fus bien heureuse de maîtriser ses paroles en plus du reste car, sinon, une réplique bien sentie n'aurait pas manqué de m'atteindre, une dont il avait le secret et qui bien longtemps m'aurait fait bondir. Je me déplaçai dans le logis spartiate de mon "employeur" et trouvai la fameuse liqueur qui avait failli avoir raison de ma santé mentale : du bourbon !

- Pour vous remettre de vos émotions, je vous propose de trinquer !

Je nous servis un verre raisonnable et enchaînai.

- Première leçon pour ce qui va suivre, ne jamais trop boire, sinon on n'est pas "précis" ou "parfait" dans nos gestes.

Je bus tranquillement et savourai ma petite pique plutôt amicale finalement. Je lui expliquai sans qu'il semble vraiment comprendre de quoi je l'entretenais, que nous allions en fait refaire un tour à la fin des années de la prohibition, dans un club de Chicago que je connaissais bien et qu'à son tour, il allait devoir jouer le pantin dans les poches des clients. M'approchant de lui, je lui intimai mentalement de nous transporter dans ce lieu nocturne. A peine quelques minutes plus tard, nous nous mêlâmes à la foule opaque et je le laissai errer, plus qu'autre chose, près des habitués. Cachée derrière une tenture, je guidai ses gestes, sur mes gardes pour que nous décampions au premier cri. Je levai la main, la sienne en écho et mimai de l'enfoncer dans le manteau d'un homme de petite taille. Je fus bien imprécise et l'homme se retourna, les yeux sévèrement posés sur le Dévoreur. Je laissai traîner ma main encore un instant, pour que le détroussé soit bien certain de sa prise sur le fait. L'homme commençait à protester, lever la voix et je m'approchai à toute vitesse de notre Maître du Temps afin qu'il nous fasse regagner en un clignement, une époque un peu moins dangereuse. Avant de le quitter, je lui lançai...

- Vous me trouvez toujours aussi dans "l'à peu près" ?

Dans un sourire, je quittai ses pensées...
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Ven 24 Mai - 13:50

HRP: quelques renseignements complémentaires ont été apportés sur Alceste dans
http://autresvies.forumgratuit.org/t273-l-histoire-d-alceste


Je me réveillai dans la maison de Targoviste où le grand voyageur m’hébergeait depuis qu’il m’avait trouvé, ombre errante dans le Vortex, victime des tentatives de Zorvan pour se trouver un remplaçant.
Immédiatement je sus que Zorvan avait encore manigancé quelque chose. Le Dévoreur était absent et injoignable, or le quartz couleur octarine ,que je porte en épingle de croate, clignotait frénétiquement, ce qui signalait une disruption du discontinuum spatio-t... mais je vous épargnerai ces données scientifiques. Je soupirai et me dématérialisai immédiatement dans l’Antichambre où Zorvan faisait les cent pas en consultant une de ses tablettes chrono. Il se précipita vers moi et avec sa courtoisie habituelle, me lança :
-Ah vous voilà ! Vos protégés ont encore sévi ! Ils prétendent que vous avez donné l’autorisation de créer un nouvel espace où ils s’imaginent m’avoir attiré et où j’aurais eu le pouvoir d’influencer l’esprit du Dévoreur et de le soumettre à un phénomène dangereux appelé pnjisation. Ils croient qu’ils peuvent prendre le contrôle de l’esprit de Stanzas.

-C’est impossible" dis-je froidement." Le maître des lieux ne peut être mû que par sa propre volonté. Sinon c’est le bordel.

Zorvan, qui en tant que prêtre-guerrier, détestait les mots simples, me regarda sévèrement. Arrangeant ma croate, je lui fis remarquer que ce vocable est effectivement qualifié par Littré de "Mot très grossier et dont on ne se sert pas en bonne compagnie." mais qu’il faut suivre l’évolution du langage et que, dans le Petit Larousse illustré recommandé dans les écoles, il est seulement classé "très familier", que d'ailleurs Montaigne l’emploie volontiers et qu’il est préférable à foutoir, décidément vulgaire. Donc, que je maintenais, et l’idée, et le mot.
Le barbichu sembla sur le point d’exploser mais il me montra sa tablette en zappant nerveusement à travers les scènes qui provoquaient son ire. Je fis mon possible pour paraître indigné. Mais je trouvais très drôle qu’on ait pu imaginer Le Gardien voulant boire un café avec le Dévoreur et ensuite lui jetant une malédiction du bout des doigts.. Si cela avait été possible, il y aurait belle lurette que Zorvan se serait libéré et même, qu’il n’aurait jamais subi la défaite essuyée dans le passé, lors de la première incursion de Stanzas dans sa prison.
Pour calmer le jeu, je dis le plus sévèrement possible :

-C’est inadmissible. Il faut supprimer le canard en caoutchouc, réellement blasphématoire. Les allusions à la vie privée n’ont rien à faire ici. Mais tout cela étant impossible, mon cher ami, pourquoi s’en offusquer ? Il s’agit de rêves mal contrôlés, de délires de potaches quand on annonce que le maître n’arrivera que pour la seconde heure de cours et qu’on vous fait confiance pour réviser en attendant.

Zorvan brandit sa tablette d’un geste exaspéré :

- Vous êtes devenu laxiste et c’est intolérable ! Qu’attendre d’un secrétaire dilettante qui passe son temps à faire des crêpes ! Vous savez très bien qu’ici, les rêves peuvent déborder sur la réalité ; les apprentis voyageurs peuvent rencontrer ces images dépréciatives, par exemple en Aparadoxis ! Un Stanzas soufflant dans son canard, faisant les poches, s’exposant aux regards curieux de femmes pouffant de rire... ; rien ne les empêchera de croire que c’est en agissant ainsi qu’on devient Voyageur ! ce n’est pas le cirque ici !

Je ne pus qu’approuver. Je suis pour la bonne tenue et la modération. Il fallait donc modérer Zorvan. Je fis remarquer tout en revisionnant les scènes incriminées :

-Voyons, qu’avons-nous là ? Un déjeuner "pris sur le coude".. j’avoue que la vision a de quoi effaroucher la distinction naturelle du patron, deux cafés, un bain de deux heures, une demoiselle faussement respectueuse de l’intimité du baigneur- ah ! les femmes !- et l’invitant à déjeuner puis.. quoi ? "à lever les pattes"! Alors là, je comprends votre indignation ! Pourquoi pas lever la patte pendant qu’on y est. Cependant, je ne vois pas là de quoi fouetter un chat ! Ensuite, on le laisse vaquer dans un espace non décrit, donc où il ne se passe rien, enfin il est vu sur un pont déjà répertorié. Une dame au ton sec lui ordonne de se sécher .Vous auriez préféré une atmosphère humide et une voix trempée de larmes ? Seriez-vous sentimental, cher Gardien ?

Je dois dire que je m’amusais assez de voir Zorvan froncer le sourcil. Je repris la tablette. Les dernières images montraient une personne d’humeur joyeuse trinquant avc le faux Stanzas à qui elle expliquait qi’il fallait boire avec modération. Je m’attendais à ce qu’elle lui recommande aussi de consommer cinq légumes par jour, de ne pas manger trop gras, trop salé, trop sucré, de respecter les limitations de vitesse, de surveiller sa consommation d’énergies non renouvelables et de ne pas augmenter indûment l’effet de serre en sacrifiant à la coupable habitude de répandre des fumées toxiques autour de lui. Tout cela ne pouvait servir qu’à l’éducation des masses.
J’ajoutais:

-Pourquoi êtes-vous si inquiet ? Il s’agit de rêveries sans conséquences . Craignez-vous la remise en cause de l’institution ?

Zorvan sembla soudain préoccupé. Il me dit hâtivement:

-Je vous laisse un instant . Encore un apprenti qui conteste je ne sais quoi dans Aparadoxis.. Et je suis déjà occupé en quatre endroits à la fois. Et ce hussard.. Surveillez ce que ceux-là vont encore inventer. Je reviens .

Il s’effaça dans un tournoiement de neutrinos et je restais, tablette en main. J’aurais bien préparé des crêpes pour son retour, mais il n’y avait pas de cuisine équipée dans l’Antichambre. Je règlais le curseur sur 18 heures et j’attendis.
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Ven 24 Mai - 18:04

16h-18h

Hadley venait de quitter l'esprit du Dévoreur. Sans s'en rendre compte, Anita fut propulsée à sa place. Elle était en train de rédiger des notes dans son carnet de recherche pour retrouver Damian quand, en relevant le nez de ses notes, elle s'aperçut qu'elle était de nouveau dans cet espace aseptisé, agrémenté du nuage-canapé, du guéridon avec téléphone et des deux fenêtres avec vue sur le champ de vision du Dévoreur.

- Je rêve... encore ici ! s'exclama-t-elle en refermant brutalement son carnet.

Sa voix résonnait dans la salle de commande du corps du Dévoreur. Anita ne savait pas encore qui était Zorvan, ni le Dévoreur. Elle ne savait pas non plus pour les voyages dans le temps. Après son premier passage dans l'esprit du Dévoreur, Anita s'était persuadée que ce n'était qu'un rêve étrange, suite à son entretien avec l'homme étrange répondant au nom de Dévoreur. Alors se retrouver ici une nouvelle fois, alors qu'elle n'était pas en train de dormir mais de travailler... cela la surpris et l'inquiéta. C'était-elle assoupie en écrivant ses notes ? Possible... elle ne dormait pas beaucoup en ce moment. Son corps rattrapait le manque de sommeil en journée, sans prévenir.

- Oui c'est ça... je dois rêver.

Elle regarda par la fenêtre et vit à travers les yeux du Dévoreur. Le Dévoreur se regardait dans un miroir, surement à la recherche d'un signe de maladie, pouvant lui expliquer pourquoi il voyageait contre son gré et pourquoi il entendait les voix de ses voyageurs et futurs voyageurs.
Anita fit un pas brutal en arrière et porta ses mains à son visage, à son corps, pour vérifier que rien n'avait changé. Et rien n'avait changé. Ce qu'elle vit n'était pas son reflet mais celui du Dévoreur. Elle était dans son esprit, elle voyait ce qu'il voyait. Elle vit donc le reflet de l'homme, et non le sien.

- Bon, là ça devient inquiétant. Je deviens folle ou quoi ? Faut que je me réveille... cela fait deux fois que je me retrouve ici. Deux rêves bizarres avec ce Dévoreur. Ého ! EHO ! cria Anita.

Le Dévoreur secoua la tête fortement et quémanda un peu de silence. Anita fut aussi bousculée par les secousses et reconnut la voix du Dévoreur.

- Vous m'avez drogué ? lui demanda Anita. Vous avez mis quelque chose dans mon café ? Non... Dans celui que je vous avais proposé ? Et je l'ai bu...

Anita commença à courir partout, cherchant la sortie. Elle avait perdu les deux heures qui lui étaient offertes pour être dans la peau du Dévoreur, pour trouver un moyen de sortir de ce qu'elle pensait être une prison. Elle pensait être sous l'emprise de drogue hallucinogène. Pourtant, quand 18h sonna, elle se volatilisa de l'esprit du Dévoreur et retrouva son propre corps, dans son canapé, chez elle, avec son carnet sur les genoux.
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Ven 24 Mai - 22:59

18H-20H

La nuit tombait vite malgré un printemps déjà bien entamé. Le soleil se refusait à moi et peut-être à d'autres Voyageurs également. Une nouvelle fois, inopinément, je me retrouvai dans la demeure du Dévoreur. Il était assis à sa table et il réfléchissait. D'après ce que je pouvais lire en lui - quel fabuleux pouvoir - il était concentré sur une nouvelle recrue et le devenir qu'il allait lui offrir. Dans la conscience de Stanzas, je voyais se dérouler des plaines verdoyantes dont on ne mesurait pas la fin, des routes serpentaient autour d'elles, en leur milieu, il était difficile de savoir qui entourait qui, où commençait quoi. C'était à mon tour de décider ce qu'il allait faire de son début de soirée et j'avais bien envie de lui redonner son libre arbitre pour ces deux heures.

- Mon cher Dévoreur, la seule chose que je vais vous imposer cette fois est de m'emmener avec vous pour observer cette nouvelle personne que vous semblez convoiter.

Il me regarda avec étonnement mais sans possibilité de refuser et sortit l'une de ses phrases fétiches lorsqu'il s'adressait à moi :

- Bien Hadley Fairfield

Et bientôt nous arpentâmes cette lande qui m'avait émerveillée par les mouvements que le vent lui donnait : des vagues. J'étais beaucoup plus légère depuis que je travaillais pour cet homme qui restait un mystère - malgré les horreurs que je côtoyais chaque jour - et depuis que Baptiste vivait la vie que j'avais presque rêvée pour lui. Le silence nous entourait autant que la semi obscurité. Je ne pipai mot, n'osant, comme à mon habitude, lui poser des questions qui m'auraient paru indiscrètes. Un peu plus loin, après une bonne demie-heure de marche, un village se profila et au centre, ce que j'aurais appelé une Taverne mais qui devait en fait appartenir au futur.

Un signe de lui et nous pénétrâmes dans l'établissement. Le bruit assourdissant et la fumée nauséabonde ne me surprirent même pas, pas plus que lui, à ce que je constatai en le dévisageant en coin. Il me montra une table et on nous apporta deux bières. Je n'en n'avais goûté qu'une fois mais celle-ci humait bon ! Je tapai sur la table du bout des doigts lorsqu'il m'intima au silence. De son doigt long et fin il me montra une petite scène sur laquelle un homme dans la quarantaine montait avec un instrument de musique. Je plissai les yeux et le rire du Dévoreur se fit enfin entendre.

- Je sais que vous n'êtes pas une experte Hadley mais il s'agit d'une guitare.

Je lui jetai un des regards noirs dont j'avais le secret mais pas longtemps...lorsque l'homme se mit à pincer les cordes de l'instrument, je me figeai et fut toute dévolue à sa musique. Une musique d'un autre temps pour moi, un brin mélancolique mais il affichait un tel sourire en déversant son anglais teinté d'un accent que je ne connaissais pas que mon visage le lui rendit parmi la foule.
A côté de moi, le Dévoreur semblait tout aussi absorbé, il avait fermé les yeux et tirait tranquillement sur sa cigarette.
La musique prit fin et je me surpris à me lever pour applaudir, les yeux brillants. Le Dévoreur fut moins enthousiaste que moi bien que je sentis qu'il avait été touché mais il était bien plus connaisseur que moi et était de toute façon souvent bien plus maître de ses émotions. Tandis que je me rasseyais pour écouter la chanson suivante, il me glissa :

- Notre petite Hadley est sous le charme du guitariste, à ce qu'on dirait !


Je m'attendais presque à une telle remarque et sans le regarder je souris et ajoutai :

- Impossible, mon coeur est déjà pris et vous savez bien à qui il appartient... Mais rentrons, mon temps imparti est bientôt fini.

Le Dévoreur glissa quelques billets dans un sourire bienveillant, en effet, il savait et nous partîmes. Dans la nuit tombée à présent, je soufflais un "merci" qu'il n'entendit certainement pas. J'avais même oublié de lui demander si cet homme était un futur Voyageur mais me l'aurait-il dit ?
Avant de le quitter, j'eus envie de le faire rire encore une fois ou s'écrouler de soulagement...

- Notez bien que si je l'avais voulu, vous auriez pu joindre votre voix à celle de cet homme et peut-être jouer d'un de ces instruments également. Comment s'appellent-ils déjà ?

Et je m'évaporai...
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Sam 25 Mai - 10:22

A 18 heures, je mis la rétrospective en marche et ne vis rien de terrible qui confirmât les craintes de Zorvan. La nommée Anita s’agitait, un peu paniquée à l’idée d’être victime d’une machination du Dévoreur qui l’aurait peut-être droguée en lui offrant du café. C’était bien une idée féminine. Bien que charmants avec leurs minauderies et leurs airs de chattes gourmandes miaulant pour avoir du lait, avec ou sans café, ces êtres instables, voués à la perte des hommes, sont de nature étourdie et brouillonne. Anita oubliait que pendant la séance café, elle dirigeait soi-disant, l’esprit du professeur et qu’il ne pouvait donc ipso facto avoir subrepticement glissé une substance pernicieuse dans la tasse de …
Ah, mais il s’agissait peut-être d’une autre séance-café, survenue dans la vie réelle d’Anita et le Temps vrai du Dévoreur (mais ces notions de vérité et de réalité sont éminemment fuyantes). Je repassai en mémoire le compte-rendu de sa première entrevue avec le Professeur. Oui, cela expliquait la confusion qui saisissait la jeune dame prise dans deux courants d’existence. C'est sans doute ce qui perturbait Zorvan. Il redoutait que l'on dérangeât ses possibles plans, y compris ceux qu'il fomentait pour s'évader. Mais l'interférence était peu probable dans l'Antichambre car enfin, tout ce qui se passait sur la tablette était canalisé dans un coin fictionnel bien balisé.
J’aperçus alors le titre sous lequel Zorvan l’avait enregistré. Dans la peau ..? quelle imagination ! Je vis en un éclair la peau vide de mon estimé sauveur et patron, accrochée à un clou en attendant que le suivant narrateur s'en empare, et aussitôt, ma délicatesse d’âme recula devant cette vision de brutalité médiévale...ces joyeux citoyens se repassant la dite peau comme un costume de carnaval ! Le Dévoreur en écorché !...Pas étonnant que la pauvre Anita s’affolât quelque peu, même habituée aux dissections. Etait-elle d'ailleurs dans l’esprit ou dans la peau ? c'était assez vertigineux.
Je repris la tablette à 20 heures.
Le Devoreur buvait de la bière et écoutait conjointement un marivaudage ambigu et de la musique malheureusement indistincte, par manque de liaison avec la tablette sans doute. Stanzas fumait, buvait...café, alcool et nicotine ! joli programme, mesdames ! La créatrice du moment était la dame qui affirmait ne pas regarder les hommes nus dans leur bain quand elle en avait l'occasion. Ô perfidie ! ton nom est femme!
Elle avait cependant eu la charmante idée de promener son fantôme de Dévoreur dans une grande plaine d’herbes avant d’arriver à une taverne puante. Comme je m’ennuyais à attendre Zorvan, je décidais d’entrer dans le jeu.

20-22 heures
En moins d’une nano-seconde( je suis spécialiste du déplacement instantané, mais je ne peux être à plusieurs endroits à la fois, ce que Zorvan réussit très bien, mais bien sûr, son ubiquité a ses limites et il est loin d’être omniprésent, ce qui expliquait qu’il me laissât ainsi oignonner dans son antichambre), je me glissais hors du temps et j'entrais dans le fantasme imaginé par ces dames. Je recréai cette plaine aux hautes herbes- je lui donnai même un nom- et la plaçai donc à l’heure où le ciel se dore au couchant et où le soir s’immobilise pour laisser venir l’été.
J’y lançai alors un grand cavalier sur un haut cheval gris. Des coursiers sauvages galopaient dans ce paysage nu et splendide où la terre devient aussi grande que le ciel.
Spoiler:
J’espérai que le vrai Dévoreur où qu’il soit, ait une vision fugitive de cette beauté et de cette ivresse, sans se demander d’où elle venait.
Puis j’attendis Zorvan.

HRP: Si ce post placé à 20h-22h dans la chrono du topic, gêne vos prévisions de postage, je le déplace et le mets à l'heure qui convient; je déplacerai la puszta plus au nord pour bénéficier des Nuits Blanches et je l'appellerai Plaine ma plaine
https://youtu.be/eGl-wD6eY_4
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Sam 25 Mai - 17:05

22h-Minuit

Zboum ! Christiana se réveilla en sursaut. Elle se frotta les yeux en grommelant. D'où venait ce bruit ? Elle qui dormait si paisiblement, malgré le lieu primitif où elle se trouvait. Elle ouvrit davantage ses paupières et vit qu'elle n'était plus dans la caverne. Démétrios et les Opolos avaient disparu. En fait, non. C'était elle qui avait migré dans l'esprit du Dévoreur. Furieuse d'avoir été tiré d'un sommeil réparateur et mérité, elle se leva d'un bond et fonça droit vers les deux "fenêtres".

- Encore là ! grogna-t-elle en se laissant tomber sur le canapé-nuage.

Elle s'y installa confortablement et tenta de se rendormir afin de retourner dans la caverne, dans un temps qu'elle avait longuement critiqué, avant de s'être vue affublée du titre de déesse. Elle aimait bien cette petite aventure finalement. Princesse devenue déesse. On ne peut pas refuser une telle promotion ! Christiana fermait fortement ses yeux mais la lumière qui pénétrait dans l'étrange pièce, grâce aux deux "fenêtres", la dérangeait.

- Et si vous alliez dormir vous aussi ? Hein ? Aller ! Au lit et fermez-moi ces yeux et dormez, que je puisse faire de même avec les miens et retourner ainsi là où j'étais. J'ai une tribu d'adorateur qui vont attendre que je me réveille pour m'apporter des fruits au petit-déjeuner. Et j'ai des mammouths à observer. Je me demande si une quelconque chose venant de ces bestioles me rapporterait un peu d'argent pour retrouver Kyle.

Pendant qu'elle parlait, le Dévoreur s'était plié à l'ordre de son autoritaire d'hôte. Les "fenêtres" se clôturèrent. Le Dévoreur avait donc les yeux fermés.

- Pourquoi je vous parle de retrouver Kyle... cela ne vous concerne pas. Tout ce que je veux de vous, c'est pouvoir voyager et savoir qui vous a envoyé. Mais ça, vous ne voulez pas me le dire hein ? Ha ! et ce satané Zorvan... nous infligez ce séjour de deux heures dans votre esprit pour vous jouer un sale tour et vous faire faire ce qu'on veut... Comme si j'avais que ça à faire, bon sang ! Hmmm...

Christiana bâilla et se tut soudainement. Morphée revenait la chercher. A peine se fut-elle rendormie, qu'elle quitta l'esprit du Dévoreur pour retourner auprès de Démétrios et des Opolos. Le Dévoreur dormait donc à poings fermés. Lui aussi. Il n'avait pas le choix de toute façon.
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Sam 25 Mai - 22:44

Minuit-4H

Spoiler:
Si quelqu'un, en plus de Siana, trouve le temps de poster, joie ! Je changerai donc l'heure mais au cas où...

Après notre petite escapade en Europe, en des terres magnifiées, je me retrouvai chez le Dévoreur. Si son secrétaire avait été là, il aurait juré ses grand Dieu que je faisais exprès de choisir des situations embarrassantes - ahhh les hommes ! - pour profiter de ce pauvre homme dont toutes les pensées allaient à sa femme et son enfant perdues. Je remarquai que Christiana avait joué en ma faveur et l'avait protégé de mes viles pensées inexistantes par un pyjama limite...comment dit-on ? pilou, je crois ! Quelque chose de très épais en tout cas car on aurait dit que le Dévoreur avait pris quelques rondeurs... Il dormait du sommeil du Juste et je ne pouvais que comprendre après une journée aussi agitée. Je m'en voulais presque de l'avoir fait danser le french cancan devant toutes ces personnes aux yeux élargis par la surprise, d'avoir donné l'impression qu'il était devenu un voleur - autre que de temps - mais en revanche, lorsque je lui avais redonné les pleins pouvoirs, il s'était joué de moi également. Je fis une petite moue et me dit qu'il restait encore un peu de temps pour me venger... Oh je ne doutais pas que dès 8H tapantes il se mettrait dans une fureur peu commune et nous ferait au moins tous maudire mais dans l'instant, je savourais ma petite dictature.

- Eh bien ! eh bien...il me semblerait judicieux de vous remémorer votre première rencontre avec Ludwik le révolté, ses armes et toute sa fougue à vous désobéir...

Une simple évocation et notre homme commença à s'agiter...à droite, à gauche. Ses sourcils se fronçaient en même temps que ses lèvres jouaient la sarabande. Bientôt ses bras se mirent en action, comme si lui-même allait croiser le fer avec le hussard endiablé. J'eus une pensée incongrue pour la brosse à cheveux du Dévoreur le lendemain matin lorsqu'il faudrait mettre de l'ordre dans ce capharnaüm... Terriblement féminin, non ? Et encore une pensée pour monsieur le secrétaire alors que les draps voltigeaient en tout sens, le Dévoreur assis, le bras en avant...

- Non, non, non ! Calmez-vous ! Il est parti, Zorvan s'en occupe !

Presque aussitôt, le corps du Dévoreur s'apaisa, retomba comme un soufflet sur l'oreiller et sa respiration se fit moins courte. Ce Zorvan tout de même, il nous permettait quelque chose de drôle mais de torturant à la fois. Je n'avais pas la froide détermination de Anita ou l'autorité naturelle de Christina et mes élans instinctifs étaient toujours amicaux. Il transpirait le pauvre et j'avais comme l'envie de lui poser un linge frais sur le front, comme je l'aurais fait à Baptiste lors de nuits fiévreuses. Mais je me rappelais...

Il lui fallait au moins une heure ou deux plus paisibles mais j'imaginais mal quoi lui proposer. Lorsqu'il décidait, il se moquait gentiment de moi. Et puis j'eus l'idée d'un petit village pavé que j'avais pu visiter en mission, dans les années 40/42. Un petit village en France quand on pointe en direction du soleil.


C'était ce genre de village qui m'avait protégée lors d'un repérage et qu'une milice m'avait prise en chasse. Mais point n'était utile d'évoquer ce souvenir.

- Vous sentez les odeurs, Stanzas ? Le romarin et la lavande...hum ! Laissez le Mistral vous bercer quelques instants car je ne sais ce que vous réservent mes comparses pour cette fin de nuit. Imaginez-vous visiter l'architecture pittoresque des lieux, regardez le sourire accueillant des villageois...


Ses traits étaient enfin redevenus plus sereins, son souffle régulier et je le laissai dormir au moins une heure pour de doux rêves.
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Dim 26 Mai - 15:31

4h-au réveil... le vrai réveil ?

"Dévoreur, tu dors... tes voyages, tes voyages vont trop vite ! Dévoreur, tu dors... tes voyages, tes voyages sont trop fort..."

Une petite chanson à deux voix raisonnait dans l'esprit du Dévoreur, tandis que celui-ci dormait sur ordre d'Hadley. Il dormait paisiblement. Contre son gré. Mais pour son bien. Vu le voyage qu'Hadley lui avait fait faire, une bonne nuit de sommeil ne pouvait lui faire que du bien.

Son voyage chez Morphée était rythmé par la petite chansonnette poussée par deux voyageuses. Ou plutôt une voyageuse et une potentielle voyageuse. Christiana et Anita chantaient. La chanson était d'abord très lente. Mais doucement, elle s’accélérait. Au bout d'une bonne demi-heure de cette même rengaine, un seul vers fut chanté. En boucle.

"Dévoreur, tu dors... tes voyages, tes voyages vont trop vite ! Dévoreur, tu dors... tes voyages, tes voyages sont trop fort !"

Pendant une dizaine de minutes, ce vers s'éternisait dans l'esprit du Dévoreur. Puis tout d'un coup, Christiana et Anita rompirent leur petit jeu.

-Dévoreur, tu dors... tes voyages, tes voyages vont trop vite ! Dévoreur, tu dors... Il faut maintenant te réveiller ! hurlèrent-elle dans le téléphone relié aux oreilles du Dévoreur.

Celui-ci se réveilla en sursaut. Il secoua la tête, faisant valser les deux voyageuses squatteuses qui se volatilisèrent par la simple volonté du Dévoreur.
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Dim 26 Mai - 17:31

Bien après minuit
Blomp Bzziizzz Bwhooouff ! Bruits de bosons cherchant à trouver leur équilibre. Je cessai aussitôt de pianoter sur ma tablette.
Zorvan apparut. Il était toujours impeccable et hiératique, sa robe retombant en plis rituellement signifiants, ses épais cheveux toujours également répartis, toujours beau, toujours grandiose, toujours infect. La classe ! J’admirai. Pas question de paraître négligé. Je rectifiai machinalement ma croate, pris mon sourire sardonique et supérieur ( je suis libre, moi ! Zorvan est un esclave et ne peut qu’obéir!). Et puis, je n’étais peut-être pas Prêtre-guerrier d’Aralia et je ne jurais pas par l'Akshar Sacré, mais question désincarnation, j’étais aussi performant que lui. Je n’hésitais à lui marcher dedans que pour éviter de devoir déterminer lequel était entré le premier dans l’autre. Et aussi parce que j’avais vu la Mouche, le film culte, et je ne voulais pas me retrouver avec la barbichette de Zorvan.
Le Gardien m’avait quand même fait attendre toute la nuit et si je suis capable de m’occuper en mettant à jour la correspondance, j’aurais préféré travailler tranquillement dans mon bureau de Targoviste, sur les bords de la Ialomita, en tapotant ma tablette tactile. (Le patron m’a offert cette tablette quand je lui ai demandé lors de mon engagement s’il préférait que j’écrive fin avec une plume d’oie ou gras avec une plume de vautour. Avec son humour habituel, il m’a répondu de laisser les oiseaux tranquilles et de m’adapter à 2012 pour ce qui était du courrier. On est en 2013 et je ne peux plus me séparer de ce charmant objet.) Le modèle de Zorvan était très différent, une tablette neuronique, et il l’avait programmée pour que je pusse voir en clair ce que lui était capable d’interpréter juste par des ondes et des vibrations colorées. Je préfère d’ailleurs ma tablette tactile dont le nom même me fait courir des frissons dans le dos.

-Alors," demanda-il sans s’excuser de son retard." Où en sont-ils ? Des cabrioles ? Des incohérences, des atteintes aux données perturbant les prévisions directionnelles d’anticipations progressivement contrôlées ? Stanzas a-t-il encore une chance que vous ne lui riiez pas au nez en le revoyant?

Il avait l’air très sérieux. Je lui tendis sa tablette :

-Voyez vous-même. Christiana von Carter l’a fait dormir pour ne pas être dérangée. C’est on ne peut plus anodin et je dirais même délicat. Elle ne décrit même pas son pyjama. Remarquez, c’est peut-être aussi bien. J’ai fait quelques recherches au cas où . Vous voulez voir ? La mode masculine réserve des surprises !

Mais Zorvan qui lisait ses messages, soudain poussa une exclamation de colère rentrée :
-Anodin ! Mon pauvre Alceste, vous n’avez certainement pas regardé les derniers épisodes !

-Oh, j’ai oublié d’actualiser.. Et alors ?

Le gardien brandit sa tablette comme une hache à fendre le bois et je reculai un peu, bien qu’en principe, je ne courusse aucun risque définitif.

-Alors ? c’est ce que je craignais ; débordement total hors du Plan général. Hadley Fairfield est née à Chicago en 1898 ; elle n’est même pas passée par l’Antichambre. Que vient faire l’allusion à ce charmant village de la Drôme entre Valence et Montélimar, où elle aurait vécu des aventures en 40-42 ? Aucune justification, pas plus que pour le guitariste quadragénaire de l’épisode précédent d’ailleurs. Et cette assertion que le Dévoreur dort dans des draps plutôt que roulé dans une peau d’ours ? La seule information légale est que le Dévoreur affectionne les Portes cochères pour son repos.

Zorvan pointa un doigt vengeur vers moi.

-En plus, vous êtes mis en cause personnellement, je cite : "...et encore une pensée pour monsieur le secrétaire alors que les draps voltigeaient en tout sens. " Hadley Fairchild pense à vous en voyant les draps du prétendu Stanzas voltiger !!! Je vous laisse imaginer ce que l’innocent citoyen pourrait comprendre à toutes ces références non référencées, à ces errances allusives, à ces images baroques. Vous saviez, vous, que Stanzas se sert d'une brosse à cheveux ? Et ensuite, cette séance de chanson subliminale, cachant vraisemblablement des enchaînements lacaniens «  L'inconscient est structuré comme un langage ». Un moulin dans le subconscient du Dévoreur !
Evidemment tout cela ne touche pas vraiment le Professeur mais les échos de ces manoeuvres pourraient perturber définitivement l’équilibre de l’Antichambre, lequel est réglé sur les harmoniques de .. bah, vous ne comprendriez pas.


Il me montra les dents dans un de ces ricanements dont il avait le secret et me lança :

-Vous êtes mou comme vos crêpes. Tout ce qui se passe ici est de votre faute et dissimule une tentative de déstabilisation de l’ordre établi, de détournements des règlements et autorisations, le tout à des fins personnelles plus ou moins évidentes. J’y vois une contestation des Autorités sous le fallacieux prétexte de détendre l’atmosphère. Peut-être même les prémisses d’une rébellion organisée.


Je l’arrêtais aussitôt :
-Prémisses ? Vous êtes sûr ? Ce n’est pas plutôt prémices qui conviendrait ici ?

Là, j’avoue que je fus assez content de moi. Zorvan resta un instant sans voix et me regarda sous le nez :
-Comment savez-vous que j’ai dit prémisses et non prémices ?

-Croyez vous être le seul à lire les pensées ? Vous m’êtes transparent, cher Zorvan. Et vous devriez être content de voir que le Système peut être infléchi, le Dévoreur mis à nu, euh,enfin, je veux dire, réactualisé, interprété. De toutes façons, j’ai des pyjamas de secours.
J’ajoutais, sincèrement convaincu :
-En plus, tout cela est très révélateur des personnalités de nos futurs voyageurs et ne peut que vous aider dans votre travail.

-Ils devraient être dans la Galerie des Illusions ! Un mystère doit y être résolu ! se plaignit le Gardien.
J’y allai de mon sourire supérieur.

-Ne pleurez pas, Ô grand Zorvan. Je vais aller voir où ils en sont et je vous laisse à vos responsabilités.

J’avais tactilé ma tablette et lu que l’Office du tourisme de Mirmande proposait des week-ends de rêve. C’était tentant. Et sur ce, je disparus avec l’aisance que me conférait mon état ectoplasmique.

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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

Message  Invité le Dim 26 Mai - 20:29

Du premier réveil au vrai réveil


- Il suffit ! s'écria Christiana en réapparaissant dans l'esprit du Dévoreur avec Anita. On vous a dit de vous réveiller ! Donc debout !

Le Dévoreur se leva et secoua encore plus fortement sa tête pour faire taire les enquiquineuses, répétant qu'il était déjà réveillé et qu'il voulait avoir la paix.

- Absolument pas, dit Anita avec sa voix calme habituelle. Vous dormez toujours. Sinon nous ne serions pas revenues. Nous ne serions plus là. Vous rêvez Monsieur le Dévoreur. Il y a des choses qui vous attendent. Moi par exemple, ou plutôt les enfants disparus. Même si notre café a été étrange, il vous faut y retourner ! Puis il y a bien d'autres voyageurs en attente de votre rencontre. Mademoiselle Von Carter a raison. Réveillez-vous. Car vous rêvez toujours.

- Vous rêvez de nous, de vos voyageurs, compléta Christiana. Alors pas besoin de secouer ainsi votre caboche. Il suffit simplement de vous réveiller. D'ailleurs c'est l'heure pour vous de travailler. Terminée la sieste ! Li Mei Chan a terminé son bain et son frère est à côté de vous. Elle est si bien que cela, la chambre, pour que vous ayez piqué si vite du nez ?

Christiana frappa dans ses mains. Aussitôt, le Dévoreur se réveilla. Pour de vrai cette fois ! Retour à la réalité ! Plus de rêves de ses voyageurs. Alors ? Rêve ou cauchemar ? Seul le Dévoreur sait si rêver de ses voyageurs est un rêve ou un cauchemar.

Fin
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Re: {Achevé}Dans la peau du Dévoreur

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